L'ADN environnemental (ADNe) est sensible à la décomposition lors du prélèvement d'échantillons d'eau, ce qui peut influencer la détection des espèces moléculaires. Lorsque le traitement des échantillons d'eau d'ADNe est retardé lors de prélèvements sur le terrain à distance, les échantillons d'eau entiers peuvent être conservés congelés afin de minimiser la dégradation supplémentaire de l'ADNe. Cependant, les processus de congélation et de décongélation peuvent influencer l'intégrité de l'ADNe, affectant ainsi l'identification des espèces. Nous avons fractionné des échantillons d'eau de mer en vrac pour comparer les taxons marins de l'eau qui avait été filtrée immédiatement à de l'eau conservée congelée pendant un mois. À l'aide du métabarcodage de l'ADN, nous avons évalué l'effet de la congélation sur les communautés présumées d'invertébrés marins sur la base d'une section de 313 pb du gène code-barres mitochondrial de la sous-unité I (COI) du cytochrome c oxydase. Les échantillons préalablement congelés présentaient une richesse en espèces significativement plus faible et une composition communautaire différente de celle des échantillons non congelés. En particulier, les variants de séquence amplifiés (ASV) du copépode Pseudocalanus étaient significativement plus abondants dans les échantillons non congelés. Ces données suggèrent que la congélation d'échantillons d'eau destinés à l'analyse de l'ADNe peut empêcher la détection des espèces chez certains organismes et modifier de manière significative la structure de la communauté déduite, mais cet effet n'est pas uniforme d'un gène à l'autre. Les études utilisant des échantillons d'eau précongelés devraient prendre en compte les implications en aval, telles que le biais de la PCR et la réduction de la détection des espèces, lors de l'analyse de la biodiversité de l'ADNe.